Les données et éléments cités ci-dessous ne donnent qu’un bref aperçu mais ne prétendent pas dresser une liste exhaustive des facteurs d’influence. Il s’agit donc d’une synthèse. Pour plus de détails, n’hésitez pas à contacter le groupe ”Jeunes, alcool et société”.

La consommation d’alcool est une thématique complexe qui est influencée par de nombreux facteurs.

Réfléchir à une consommation, 
c’est prendre en compte trois éléments et surtout leurs interactions :

TriangleOlivenstein

  1. Le produit (ses propriétés, sa fréquence de consommation, son mode d’administration,…).
  2. L’individu (son histoire, son expérience, son patrimoine génétique, ses motivations à consommer,…).
  3. L’environnement (la culture, la législation, la publicité, l’entourage,…).

Ce triangle (élaboré par Olivenstein) permet d’élargir et de contextualiser nos consommations. C’est donc l’interaction entre tous ces éléments qui aide à qualifier l’usage qu’on fait d’un produit, plutôt que de se focaliser sur le produit ou de stigmatiser l’individu.

Les jeunes, plus positifs qu’on ne le croit

Contrairement à ce que nous pensons généralement plusieurs enquêtes montrent qu’une large majorité de jeunes semblent satisfaits de leur vie, se déclarent souvent ou toujours heureux, se sentent capables de surmonter d’éventuelles difficultés et disent avoir confiance en eux. Néanmoins, le sentiment de confiance en soi tend à diminuer et que près d’un cinquième des adolescents témoigne d’un certain mal-être dont il faudrait se préoccuper plus spécifiquement.

Ces études montrent par ailleurs que les adolescents se sentent souvent stigmatisés par le regard des adultes et des parents,.A l’angoisse de l’adulte encadrant, se greffe naturellement celle du jeune qui devrait plutôt bénéficier de la confiance et la bienveillance de son aîné. Et la peur, l’insécurité, le manque de soutien font partie des facteurs de risques des consommations plus problématiques.

Quelques facteurs

Intrapersonnels 

  • Certains traits de personnalité semblent protecteurs (esprit critique, capacité d’adaptation, habiletés sociales adéquates, bonne estime de soi, etc.) ou au contraire à risque (problèmes d’impulsivité, agressivité, recherche de sensations et de nouveauté, stress élevé, insatisfaction de sa vie, etc.).
  • Polyconsommation : les jeunes consommant d’autres psychotropes (tabac, cannabis, ecstasy, etc.) ou abusant de télévision ou de jeux électroniques ont plus de risques de développer des conduites à risques en général.
  • Une initiation précoce à l’alcool augmente le risque de développer une consommation importante, voire problématique à l’âge adulte.
  • Les attentes, les croyances et les motivations peuvent aussi influencer (positivement ou négativement) les consommations.
  • Etc.

Interpersonnels

  • La famille peut être le lieu d’un apprentissage progressif, socialement adapté et très contextualisé (culturellement adapté), favorisant une consommation raisonnable et qualitative de l’alcool. Par contre, une consommation problématique d’alcool par l’entourage peut avoir une influence négative sur la consommation ou le bien-être du jeune.
  • L’influence des amis (pairs) favorise la (sur)consommation d’alcool, surtout auprès des mineurs.
  • Les normes sociales perçues : tendance à augmenter sa propre consommation pour la rapprocher de ce qu’on pense être la norme (souvent jugée plus élevée qu’elle ne l’est en réalité), ce qui provoque en retour une amplification du phénomène.
  • Les croyances religieuses qui peuvent intégrer, valoriser ou au contraire proscrire la consommation d’alcool.
  • Etc.

Environnementaux

  • L’accessibilité à l’alcool, omniprésent dans les supermarchés, les cafés, les événements, les stations-services, les nights-shops, etc. influence sa consommation.
  • Le prix peu élevé de la plupart des boissons alcoolisées et les offres promotionnelles (happy hours, 2+1 gratuits, etc.) incitent également à la (sur)consommation.
  • La publicité et le marketing : association systématique de l’alcool et de la fête ; mise sur le marché de nouveaux produits plus sucrés, fruités ou colorés ; offres promotionnelles, distributions d’objets et/ou de boissons alcoolisées gratuites, publicités avec des stars, etc.
  • La législation en vigueur : alcool au volant, vente d’alcool aux mineurs, ivresse sur la voie publique, etc.
  • Le discours médiatique : contribue à normaliser et banaliser la consommation d’alcool, avec le risque de sous-estimer ses méfaits.
  • Etc.