Qui sommes-nous ?

Qui sommes-nous

Le Groupe porteur ”Jeunes, alcool & société” regroupe aujourd’hui 12 associations issues des secteurs de l’éducation, de la santé et de la jeunesse dans le but de promouvoir des consommations responsables et moins risquées d’alcool.

Les associations membres sont les suivantes :

Origines

Des constats aux rencontres

Le Groupe porteur s’est formé en 2003 à partir de premiers constats et échanges en matière de consommation d’alcool.

En effet, depuis plusieurs années, on observe tout d’abord une évolution des pratiques commerciales, de plus en plus agressives et insidieuses. Pour contrer une baisse de la consommation d’alcool parmi la population générale, de nouveaux produits tels que les alcopops (sodas alcoolisés) sont apparus sur le marché. Grâce à leurs goûts sucrés et leurs couleurs attirantes, ces boissons qui prolifèrent dans les rayons de nos supermarchés attirent un public féminin et poussent les adolescents à découvrir l’alcool de plus en plus jeune et en dehors du cadre familial généralement régulateur.

Ensuite, de nouvelles tendances émergent également dans les comportements de consommation en Europe (y compris la Belgique), principalement chez les jeunes. Notamment une plus grande expérimentation de l’alcool et des pratiques parfois à haut risque avec une propension plus importante à consommer jusqu’à l’ivresse.

Au-delà de ces constats qui témoignent d’un rapport au produit qui évolue, on remarque un manque cruel de dialogue et de concertation autour de ces questions. Pourtant ancré culturellement, l’alcool reste ainsi paradoxalement un sujet assez difficile à aborder qui renvoie chacun à ses ambiguïtés, voire ses contradictions. De même, il existe en général un fossé entre les représentations des adultes et les réalités que vivent les jeunes. Bon nombre de stéréotypes sont ainsi véhiculés vis-à-vis des jeunes et de l’alcool, notamment par les médias, ce qui tend à biaiser notre vision, souvent trop caricaturale et peu nuancée sur ces questions.

Quant à la législation en vigueur, elle est peu connue de tous et reste difficile à comprendre, à intégrer. Une loi qui interdit l’offre d’un produit (alcool) à un certain public (mineurs), alors que la publicité « alcool » ne cesse de foisonner et de matraquer ce même public !

Force est donc de constater les nombreux tabous et paradoxes existant aujourd’hui autour de l’alcool…

C’est pourquoi, depuis 2003, plusieurs partenaires issus de la santé, de l’éducation et de la jeunesse ont décidé de constituer un Groupe qui, depuis lors, poursuit une démarche de dialogue, de concertation, de sensibilisation et d’observation sur les questions liées à la consommation d’alcool chez les jeunes.

Objectifs

Vers une consommation plus responsable et moins risquée…

L’alcool est une thématique complexe car elle fait intervenir une multitude de facteurs, individuels et sociaux, qui ont une influence sur nos comportements de consommation. Il est donc nécessaire d’envisager la thématique à travers différents axes. Le Groupe porteur a principalement choisi d’agir à deux niveaux pour répondre à cette finalité de manière complémentaire, cohérente et globale :

Sur les contextes de consommations :

  • Sensibiliser et interpeller les responsables politiques et leaders d’opinion pour faire avancer les réflexions en matière de consommations et faire évoluer certains programmes et politiques publiques.

  • Interpeller sur la législation en vigueur, encore fort complexe, peu intégrée et parfois contre-productive et proposer d’autres pistes.

  • Face au puissant lobby des producteurs d’alcool, agir en « contre-pouvoir » pour rééquilibrer les forces entre intérêts économiques et enjeux de santé publique.

  • Faire remonter les préoccupations des jeunes et des adultes-relais auprès des responsables politiques.

Sur les représentations :

  • Aborder et communiquer la complexité de la thématique.

  • Faire remonter les attentes, les représentations et les préoccupations des jeunes sur ces questions pour aider ainsi les adultes-relais et les responsables politiques à se faire une vision plus juste et nuancée.

  • Informer et outiller les adultes-relais (en contact/travail avec les jeunes) et les parents pour les soutenir dans leur rôle d’éducation aux consommations, notamment par la création d’outils pour ouvrir le dialogue et développer l’esprit critique.

Approche

Pourquoi la porte d’entrée « alcool » ?

En matière de prévention et de promotion de la santé, on privilégie généralement une approche globale de santé plutôt qu’une approche qui cible un produit ou un public.

Mais l’alcool, contrairement à d’autres produits psychoactifs (tabac, cannabis, XTC, …), tient une place particulière dans notre culture. Il jouit d’une image très positive et culturellement ancrée dont il faut tenir compte. Les alcooliers, et les industriels en général, ont tendance à cibler au plus près leurs publics, et à élaborer des stratégies commerciales pointues, directes et agressives.

Il faut donc aussi considérer l’alcool avec ses spécificités et pouvoir répondre aux demandes du terrain qui en découlent.

Tout cela nous fait penser qu’un « coup de zoom » sur cette question mérite d’être posé. Mais sans oublier d’élargir sans cesse la thématique afin d’éviter toute stigmatisation du jeune ou de sa consommation.

L’ensemble de nos actions s’inscrivent ainsi dans le cadre large de la promotion de la santé visant le bien-être et la santé globale, en travaillant notamment sur les déterminants psychosociaux qui influencent l’ensemble des consommations. Nous ne voulons pas entrer dans une logique de prohibition ou d’abstinence mais tenons à ne pas banaliser le produit.

Au final, il s’agit de ne pas se focaliser sur le produit, mais plutôt d’inviter chacun à porter un regard sur ses représentations en matière d’alcool et agir sur les contextes propices à des consommations responsables.

L’alcool, notre drogue culturelle…

La plupart d’entre nous consomme ou a déjà consommé de l’alcool. Que ce soit en famille, avec des amis, lors d’un match sportif ou encore en discothèque : boire un verre d’alcool est courant et reste avant tout un plaisir souvent partagé.

L’alcool est donc un produit complètement intégré dans notre société qui donne souvent l’occasion de se réunir et de passer un moment de convivialité !

C’est notamment parce que l’alcool est admis et valorisé culturellement qu’il est parfois difficile à aborder. Son caractère licite et son accessibilité favorisent incontestablement sa consommation. Dès lors, il n’est pas toujours facile d’établir ses propres restrictions. Si certains modes de consommation peuvent s’avérer risqués pour la santé, que ce soit à court, moyen ou long terme, toute consommation d’alcool n’est pas à proscrire, bien au contraire : boire raisonnablement est un plaisir que beaucoup gèrent de façon responsable.

La richesse du partenariat

L’un des intérêts du Groupe réside dans sa composition intersectorielle. Chaque membre apporte ses connaissances du terrain et son expertise, que ce soit en termes de public (services spécialisés « jeunesse », « étudiants », « familles ») ou de thématiques (services spécialisés en assuétudes), afin d’analyser/observer la thématique da manière globale ainsi que d’échanger à partir d’angles de vue différents.

De plus, le Groupe a un poids plus conséquent que si chaque association membre régissait en son nom propre. Cela permet d’interpeller et de communiquer certaines revendications pour faire avancer les réflexions en matière de consommation et faire évoluer certains programmes et politiques.

Le Groupe est aussi un relais à différents niveaux : remontée des constats et informations de la part d’adultes-relais et de jeunes mais aussi diffusion d’outils, de messages et plus largement, d’une approche commune qui se veut garante de la complexité de la thématique.

Différents acteurs sont concernés :

  • Les acteurs des différents réseaux en promotion et éducation de la santé
  • Les acteurs des différents réseaux éducatifs, à travers les différents milieux de vie des jeunes (associations de jeunes, familles, écoles, hautes-écoles et universités, clubs de sports)
  • Les jeunes eux-mêmes
  • Les acteurs liés aux contextes de consommation (cafés, commerces, organisateurs de fêtes, etc.)
  • Les responsables politiques